LA MEDECINE DANS L’ANTIQUITE ET SON ENSEIGNEMENT


LA RUBRIQUE HISTORIQUE
 

Par le Dr Xavier Grapton

LA  MEDECINE  DANS  L’ANTIQUITE  ET  SON  ENSEIGNEMENT

L’approche clinicienne de la médecine d’aujourd’hui est héritière de la médecine de l’Antiquité.

Depuis le début de notre humanité, l’homme a cherché les moyens de prodiguer ses soins à son autre lui-même.

C’est donc au travers de six époques du monde antique et sur trois continents que nous allons mettre à jour quatre millénaires d’acquisitions médicales et leur transmission au sein de sociétés humaines bien différentes.

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1 -LE SYSTEME DE SOINS DANS LA HAUTE EGYPTE


Les traitements utilisés en Egypte antique, les thérapeutes, leur formation et leur mode d’exercice nous sont connus grâce à la découverte de la pierre de Rosette dont le décryptage a permis la traduction de plusieurs textes consacrés à la médecine en particulier les papyri d’Edwin Smith et d’Ebers.

Le papyrus d’Edwin Smith a été écrit vers 1600 avant notre ère, il est considéré comme la copie de documents remontant à 3000 avt JC et traitant d’interventions chirurgicales, de diagnostics, traitements et pronostics de nombreuses affections.

Le papyrus d’Ebers contient une multitude d’incantations destinées à chasser les démons mais également une description de certaines tumeurs et les prescriptions s’y référant.

La formation des médecins dans l’Egypte antique se fait dans une « maison de vie » qui dépend du temple. Le recrutement des postulants a lieu après une période d’observation, puis l’enseignement par un maître durera 10 ans. Plusieurs spécialités pouvaient être exercées : l’ophtalmologie, la gastroentérologie, l’obstétrique entre autres.

Il existait des médecins inspecteurs, des superviseurs et des médecins en Chef.

Le premier de ceux-ci exerçant son autorité sur les médecins et les dentistes s’appelait Hesiré et soignait le roi Djeser (XXVIIème siècle avt notre ère).

La première femme « surveillante des médecins » se nommait Peseshet (2400 avt JC).

Les lieux d’exercice des médecins dépendaient de leur relation avec la religion. Il y avait donc des soignants pratiquant en dehors du temple. Ils débutaient leur pratique en étant itinérants puis postulaient pour entrer dans un centre de soins ou bien exerçaient à leur domicile. D’autres praticiens soignaient uniquement dans le temple, ils étaient médecins du Pharaon.

Enfin, il y avait des médecins exorcistes.

Il existait des médecins pour l’esprit, pour les enfants, les femmes ou les hommes.

L’organisation de la médecine fut réglementée par Imhotep à la fois vizir, architecte, médecin et philosophe (3ème millénaire avt notre ère). Il édicta des règles d’éthique, d’installation, de contrôle d’activité, d’estimation du service rendu et de sanctions disciplinaires.