LA MEDECINE DANS L’ANTIQUITE ET SON ENSEIGNEMENT
L’approche clinicienne de la médecine d’aujourd’hui est héritière de la médecine de l’Antiquité.
Depuis le début de notre humanité, l’homme a cherché les moyens de prodiguer ses soins à son autre lui-même.
C’est donc au travers de six époques du monde antique et sur trois continents que nous allons mettre à jour quatre millénaires d’acquisitions médicales et leur transmission au sein de sociétés humaines bien différentes.
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1 -LE SYSTEME DE SOINS DANS LA HAUTE EGYPTE
Les traitements utilisés en Egypte antique, les thérapeutes, leur formation et leur mode d’exercice nous sont connus grâce à la découverte de la pierre de Rosette dont le décryptage a permis la traduction de plusieurs textes consacrés à la médecine en particulier les papyri d’Edwin Smith et d’Ebers.
Le papyrus d’Edwin Smith a été écrit vers 1600 avant notre ère, il est considéré comme la copie de documents remontant à 3000 avt JC et traitant d’interventions chirurgicales, de diagnostics, traitements et pronostics de nombreuses affections.
Le papyrus d’Ebers contient une multitude d’incantations destinées à chasser les démons mais également une description de certaines tumeurs et les prescriptions s’y référant.
La formation des médecins dans l’Egypte antique se fait dans une « maison de vie » qui dépend du temple. Le recrutement des postulants a lieu après une période d’observation, puis l’enseignement par un maître durera 10 ans. Plusieurs spécialités pouvaient être exercées : l’ophtalmologie, la gastroentérologie, l’obstétrique entre autres.
Il existait des médecins inspecteurs, des superviseurs et des médecins en Chef.
Le premier de ceux-ci exerçant son autorité sur les médecins et les dentistes s’appelait Hesiré et soignait le roi Djeser (XXVIIème siècle avt notre ère).
La première femme « surveillante des médecins » se nommait Peseshet (2400 avt JC).
Les lieux d’exercice des médecins dépendaient de leur relation avec la religion. Il y avait donc des soignants pratiquant en dehors du temple. Ils débutaient leur pratique en étant itinérants puis postulaient pour entrer dans un centre de soins ou bien exerçaient à leur domicile. D’autres praticiens soignaient uniquement dans le temple, ils étaient médecins du Pharaon.
Enfin, il y avait des médecins exorcistes.
Il existait des médecins pour l’esprit, pour les enfants, les femmes ou les hommes.
L’organisation de la médecine fut réglementée par Imhotep à la fois vizir, architecte, médecin et philosophe (3ème millénaire avt notre ère). Il édicta des règles d’éthique, d’installation, de contrôle d’activité, d’estimation du service rendu et de sanctions disciplinaires.