L'Histoire des premières Universités de Médecine (4eme partie)

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L’ENSEIGNEMENT MEDICAL à MONTPELLIER

semble avoir existé vers 1130 en dehors de tout cadre institutionnel, comme il existait déjà à Chartres, Reims et Paris, mais c’est un noyau de médecins praticiens et enseignants qui formera vers 1170 l’embryon de la future Université de Médecine.

 

En 1181, le Seigneur de Montpellier, Guillaume VIII par un édit proclame la liberté à tout homme de diriger une école de médecine dans sa ville.

En 1220, le Cardinal Légat Conrad d’Urach concède à l’université ses premiers statuts dans lesquels le corps enseignant est dirigé par un chancelier nommé par l’évêque ayant les fonctions de nos actuels doyens.

Après avoir accompli une scolarité de trois années, le philiatre pouvait postuler au baccalauréat en Médecine.

 

La deuxième étape était la licence avec plusieurs épreuves suivies de deux « points rigoureux » extraits des écrits d’Hippocrate et de Galien. La troisième étape, le doctorat « de la grande manière », consistait au passage des épreuves « triduanes » consacrées par une cérémonie pompeuse au cours de laquelle l’impétrant recevait le bonnet noir et la ceinture dorée, attributs qui lui conféraient le droit d’enseigner.

 

En octobre 1289, le Pape Nicolas IV dans sa bulle de fondation de l’université montpellieraine adresse la constitution apostolique à tous les docteurs et étudiants de la ville de Montpellier.

La spécificité de l’enseignement prodigué en associant théorie et pratique, le recrutement des enseignants, les échanges de ceux-ci avec les enseignants et les chercheurs de Bologne et de Padoue font de l’Université de Médecine de Montpellier l’une des plus renommées dans le monde chrétien.

Elle demeure néanmoins la rivale de Paris et de Salerne.

 

La base de l’enseignement était la « lectio » des textes d’Hippocrate, de Galien et d’Avicenne suivant une méthode initiée à Salerne. La « questio » qui avait pour but de résoudre les arguments contradictoires prenait le relai lorsque la lecture d’un texte soulevait une difficulté d’interprétation. L’enseignement pouvait également recourir à la « disputatio » où un maître lançait un débat sur un exposé.

 

Peu à peu apparaissent des ouvrages reflétant l’expérience et la réflexion des médecins sur leur discipline où les auteurs rassemblaient leur savoir en pathologie et en thérapeutique à l’intention de leurs confrères débutants.

 

Enfin, un autre genre apparaît à la fin du XIIIe siècle, celui des « régimes de santé », traités d’hygiène destinés à un public socialement élevé.

 

Au Moyen Age, les chirurgiens ont une situation différente en Italie, où ils ont une formation universitaire, et en France où ils sont en nette séparation des médecins. Néanmoins, à Montpellier un enseignement d’anatomie lié aux dissections était prodigué en médecine et de grands chirurgiens furent aussi médecins.

Par l’intermédiaire des papes avignonnais, soignés par des médecins et chirurgiens venus de  Bologne,  les  maitres  montpelliérains  ont  pu  perfectionner  le  domaine  de l’expérimentation et sous l’impulsion de Clément VI, on encouragea les autopsies dans l’espoir d’améliorer le savoir médical en période de peste.

Il faut noter enfin les travaux des médecins montpelliérains sur les posologies à appliquer aux patients et sur l’analyse du sang recueilli par les barbiers.

 

Au XIVe siècle, l’Université de Médecine de Montpellier est à son apogée en raison de la qualité de ses maîtres. Elle doit beaucoup à sa proximité de la ville avec la cour pontificale d’Avignon mais au départ de celle-ci son déclin commence.

 

Peu à peu la tutelle cléricale disparaît au profit de l’Etat avec une faculté dans de nouveaux locaux, le Collège Royal (1450), et de nouvelles règles éditées par Louis XII (1498).

 

Le règne de François 1erpermettra une renaissance universitaire et l’école de médecine sera dotée d’un jardin de plantes médicinales avant même qu’à Paris.

Les guerres de religion et le siège de Montpellier porteront un coup fatal à son université. Cependant, plusieurs personnages illustres émergeront à cette époque.

 

Voici les principaux élèves illustres ayant fréquenté l’Université de Médecine de Montpellier au cours des siècles : Nostradamus ; Rablais ; Théophraste Renaudot Sydenham ; La Peyronie.