L'Histoire des premières Universités de Médecine (5eme partie)

Corps de texte
Paragraphes

L’UNIVERSITE de PARIS 

est l’une des plus importantes et anciennes universités médiévales après Salerne, Bologne et Oxford. 

 

L’« universitas magistrorum et scholarium Parisiensis » est d’abord une corporation de maîtres et d’élèves apparue à Paris vers 1150. A cette époque, les écoles étaient essentiellement religieuses et le nombre d’étudiants devenant de plus en plus élevé, maîtres et étudiants se regroupèrent en corporations dès 1180. Le 15 janvier 1200, Philippe Auguste accorde à cette communauté de 15000 étudiants le privilège d’être jugé par un tribunal ecclésiastique et non civil, l’exemption de taxes et de charges militaires et l’excommunication pour quiconque porte la main sur eux. 

 

En 1215, l’Université de Paris est reconnue par le Pape Innocent III qui y a étudié. 

Le logement des étudiants se fait au sein de fondations pieuses appelées collèges. 

 

En 1229, après la répression violente par la Garde de Paris d’une altercation entre étudiants, maîtres et élèves décident d’une grève des cours à l’université. Les étudiants quittent Paris pour poursuivre leurs études dans d’autres universités, Oxford en particulier. Après 2 ans de négociations, le Pape Grégoire IX, ancien étudiant à Paris, publie la bulle pontificale qui garantit l’indépendance de l’Université. 

La charte regroupe les écoles en facultés selon leurs spécialités : arts libéraux, Théologie et Médecine. 

 

Le cursus des études s’entame vers 14 ans et dure parfois 15 ans. 

 

L’art médical au Moyen Age est fracturé : les médecins, élites des praticiens car seuls à être formés à l’université, traitaient les pathologies internes sans lésions apparentes, les chirurgiens soignant les lésions externes (plaies ouvertes, bubons, traumatismes) avec une approche technique utilisant le fer et le feu. Quant aux barbiers, ils s’occupaient des soins du corps (rasage, coiffure, tonsure) mais aussi des soins médicaux (saignées, incisions, administration des emplâtres et onguents), ils étaient de ce fait les plus proches de la population parisienne. 

 

Pour se démarquer des autres corporations versées dans le soin, les médecins revendiquaient leur statut de scientifiques. 

Être médecin signifiait appartenir à l’une des trois facultés supérieures de l’Université de Paris à rang égal avec les théologiens et les décrétistes. 

Les bacheliers prétendants devaient suivre un stage pratique long et encadré s’intégrant dans un enseignement bâti sur un savoir doctrinal nourri de l’héritage grec et arabe. 

 

En ce qui concerne les chirurgiens, leur apprentissage se faisait par transmission orale chez d’autres chirurgiens. Pour pratiquer à Paris, ils devaient prouver leur compétence lors d’un examen probatoire afin d’être reconnus « suffisants » par leur communauté. 

Pour être chirurgien, il fallait être grammairien et connaître le latin. Les confrères se devaient mutuelle assistance et appartenaient au Collège St Come et St Damien de la Faculté. 

 

Les médecins illustres issus de la Faculté de Médecine de Paris à cette époque sont :  l’italien Pietro d’Albano ; l’anglais Roger Bacon ; l’allemand Albert le Grand Pons de St Gilles et Gérard de Bourges